Des fois il faut qu'on s' RH les doigts du c...

J'ai été assez longtemps un morceau de bois qui suit le courant dans la rivière du monde professionnel, faute de but précis.

Aujourd'hui, c'est aussi ma chance, car avant d'arriver où je suis à présent, je suis passé par les petites portes, et j'aime à croire que ça me donne un point de vue un poil plus riche que celui qui est débarqué fraichement de son cursus scolaire sans trop s'être frotté à la réalité.

Alors oui penser de la sorte, c'est peut être surfait et une façon d'exprimer un égo mal placé mais ma foi, je fais ce que je veux, c'est mon blog d'abord, vous avez trouvé le chemin pour arriver ici, donc si jamais ça vous gonfle déjà, vous connaissez le chemin pour repartir ( si jamais, c'est la croix rouge en haut : à droite ou à gauche selon votre système d'exploitation).

 

J'ai juste envie d'aborder un sujet léger  qui me tinte depuis un moment aux esgourdes et pas nécessairement au boulot : 

La gestion RH : à la frontière entre le social et l'éxecution pure de protocoles (Aaaaah, les "protocoles"),

où plus franchement :

que penser de la fameuse phrase "on est pas là pour faire du social"

Et là je vous préviens tous, je vais simplement poser mon point de vue qui m'est personnel et auquel je comprends qu'on adhère pas forcément. J'avais réfléchi et pensé à une trame toussatoussa mais maintenant que je suis sur le clavier, ça s'est tout brouillé et comme c'est un blog et pas une lettre officielle pour quelque administration...

 

 

BREF

 

 

Dans le terme "ressources humaines" il y a tout d'abord le mot "ressources", qui comme le faisait remarquer (à juste titre je trouve) un de mes prof en formation RH, un terme plutôt malheureux dans le sens où dans l'inconscient collectif, il aurait tendance à ramener à une matière première.

Or une "ressource" s'exploite, une "ressource" s'épuise.

Alors peu importe qu'on choisisse de le renommer au mieux pour changer la donne (j'ai ouï dire "gestion du capital humain", "gestion administrative du personnel"), le fait est que "ressources humaines" est le terme aujourd'hui générique et que, les enfants, ça part pas à notre avantage, nous qui bossons dans cette profession. 

Pour ceux qui ont besoin d'une métaphore : on marche moins bien après s'être tiré une balle dans le pied, en dehors du fait que c'est douloureux,

mais je m'égare.

Ensuite, dans le terme "ressources humaines", il y a le mot racine "humain" et s'il y a pour moi une chose assez évidente en ce bas monde, c'est que l'humain est "un animal social".

 

Et paf !     

 

Nous sommes dedans, le "social". 

 

Pour moi, c'est une dimension indissociable de la gestion du personnel, le social. Quoi qu'on en pense quoi qu'on en dise et quoi qu'on fasse, il est là, que ça soit dans notre façon de dire bonjour où dans celle de prendre en charge une personne administrativement parlant.

Je préfère cent fois regarder une personne repartir satisfaite (à défaut d'être contente, faut pas pousser non plus) de mon bureau parce qu'elle a compris ce que je lui ai expliqué, que de voir repartir un concentré de frustration qui va aller s'épancher directement auprès des autres, à cause d'une incompréhension, d'un mauvais accueil, à cause d'un manque de disponibilité.

Je gère pour ma part du personnel dans le bâtiment. Pour avoir bossé quelques années comme maçon, quand nous passons une journée entière à donner physiquement, il n'y a rien de plus austère que d'ouvrir le courrier le soir et de devoir se plonger dans l'étude des codes administratifs. Et ça finit empilé sur un coin de table en attendant la fatale échéance de la date limite. Et des fois même nous le poussons cet agglomérat de papiers jusqu'au moment où il tombe de la table, ... droit dans la poubelle.

Parce qu'il y a une chose dont il faut se rendre compte, c'est que OUI c'est devenu un METIER la gestion administrative, la preuve : nous sommes là !

Il suffit de faire une simple démarche administrative dans notre vie de tous les jours pour constater à quel point les circuits et les procédures se sont étoffés, complexifiés.

Alors le minimum, je crois, c' est bien de prendre 20 minutes pour expliquer à une personne étrangère dans ce domaine, grâce à qui nous existons en tant que métier, en tant qu'employé, comment remplir ses papiers et pourquoi les remplir.

Même si parfois c'est dur,

 

Même si ça n'arrive pas au bon moment parce que nous sommes débordés par des trucs tous plus urgents les uns que les autres (la belle affaire),

 

Même si c'est cet employé qui la ramène toujours en râlant parce qu'il déforme, mélange tout et qu'il n'y pane rien et qu'il s'est peut être aussi fait monter un poil le bourrichon par un membre de syndicat qui, au lieu de désamorcer le quiproquo en a rajouté une couche sur des sujets qui n'ont rien à voir(ouais je sais c'est facile et gratuit tu vas me dire, toi, lecteur syndiqué, mais c'est malheureusement du vécu, alors prends, c'est de bonne guerre et c'est gratuit),

 

Même si c'est celui avec qui décidément nous n'avons aucun atome crochu (que des lisses...),

 

Même si je vois bien dans tes yeux, que tu es persuadé que mon rôle est de, selon tes propres termes "te la mettre profond",

 

Même si tu es persuadé que j'ai un salaire et des avantages de ministre alors que merdeunebonnefoispourtoutejegagnemoinsquetoi alors lâche moi avec ce non-argument,

 

Parce qu'on leur doit bien ça.

 

Parce que quand de ce côté là ça roule, et bien oui, c'est 70% de gagné (chiffre issu d'une étude réalisée par la TNS SFS, portant sur un échantillon représentatif de 342 personnes)

(nan je déconne c'est un nombre au Pif)

(sérieux mais en quoi un nombre qui dépasse 300 personnes permet-il a un échantillon d'être représentatif???)

(Il n'y a que moi qui me poses ces questions... ?)

 

 

 

Tout ça pour dire que oui, je pense qu'il faut qu'on se sorte un peu de notre confort de bureau, qu'on se sorte un peu les doigts, et qu'on fasse un minimum dans le social.

 

 

 

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