Bourges-Sancerre, chapitre 1 : presque préparation mentale

1 km à pieds, çaUseuh çaUseuh,...

61 km à pieds ça Useuh lé souliéé.

Il y a quelques semaines, j'ai marché.

61 km, donc.

Mais ça peut différer selon les calculs d'un de mes compagnons de galère que je baptiserai "Croquette" pour les besoins de cette histoire.

On va remonter un peu les pendules pour attraper le début de ce périple :

C'est un samedi, j'emmène mes enfants au ski. Ce jour là ma femme bosse, donc je suis tout seul, ce qui veut dire que logistiquement la journée va être chargée.

Touptiainé et Toupticadet sont derrière et viennent de calancher dans les songes depuis 5mn, j'entrevois l'arrivée dans 10 mn ce qui sous entend que les réveiller sera équivalent à ouvrir le cercueil d'un vampire en pleine lumière.

Un truc vibre dans le vide poche, je jette un oeil sur le texto.

C'est un message de Croquette.

Croquette est un très bon pote. Le genre de pote d'études post Bac. Le genre de pote qu'on voit rarement, mais qui te donne l'impression lors des retrouvailles que tu l'a quitté la veille.

En gros j'ai 3 très bons potes dans cette team d'études post Bac. Dont Croquette.

Croquette c'est le type simple, sympa, passe partout, accessible, toujours la petite blague en coin, bonne humeur constante.

L'autre, je vais l'appeler "Banzaï". Toujours une vanne, une blague, une connerie à faire. Sportif, jardinier et compétiteur dans l'âme.

Le dernier je vais l'appeler "Swagg". Le style, la classe, toujours le bon mot et la répartie du gendre idéal, la curiosité du globe trotter dans les veines.

En gros, le message de Croquette c'est :

Bourges Sancerre ça te dis ? Y aura Banzaï, et peut être Swagg qui est encore à moitié convaincu.

1 mois plus tard, je suis en train de préparer mon barda pour rejoindre la folle équipée.

Le programme de la fin de semaine est sympa : Mes progénitures ont emmené leurs varicelles en vacances chez leurs grands parents, ce qui nous permets, ma chère et tendre et moi, de faire 2 escapades à Lyon, le temps d'un one man show de Kyan Khojandi (très chouette, je recommande http://www.paristribu.com/flyer/kyan-khojandi---pulsions.jpg ) et d'une conférence de Boulet (idem, http://www.bouletcorp.com/ ).

Le jour du grand soir (le départ étant le samedi à minuit), nous nous levons peinards avec Madame et décidons de nous balader façon safari dans le vieux Lyon.

Une balade qui fera au final une douzaine de km bien tassés et qui me verra arriver tout endolori en gare pour y déposer ma femme et agiter mon mouchoir.

Aussi c'est non sans quelques inquiétudes que je regagne ma voiture, garée à 3km de la gare, et contacte mes covoitureurs, via une application assez connue, malheureusement rachetée récemment par la SNCF (Quand on ne sait pas conforter et développer son activité, il faut bien s'assurer d'avoir le monopole).

Le GPS que je suis aveuglément m'amènera à faire un détour de 40 bonnes minutes, et mes 3 jeunes, qui ont les écouteurs enfoncés dans les esgourdes ou concentrés sur leurs écrans, se sentant subitement concernés par le trajet, iront chacun de leur diagnostique sur le meilleur chemin à prendre, dans un brouhaha qui me paraitra asynchrone et peu constructif, ce qui m'amènera à les faire taire mesquinement à la manière paternalisme des années 1910.

Me voilà donc enfin arrivé à destination, chez les parents de Swagg, qui nous hébergent avec Croquette et nous cajolent (vraiment, il n'y a pas d'autre mot) avant le fameux départ.

On discute, on prend des nouvelles, comme si on s'était vu la veille. Ça fait plaisir. Croquette arrive, il y a donc 'Pa Swagg, 'Ma Swagg, la sœur de Swagg, son copain, Madame Swagg qui fait la variante 20km de la rando avec 'Pa Swagg, et P'tit Swagg qui fait un numéro de sourire d'Angelot sur commande. La crapule.

Je ne fanfaronne pas trop, j'ai encore les douleurs du matin et je me demande sérieusement si je vais être capable de remettre ça puissance 5.

Autant je n'ai pas du tout l'état d'esprit d'un compétiteur, autant je n'aimerai pas abandonner et laisser les potes continuer sans moi. C'est clairement une question de fierté mais aussi une forme d'esprit d'équipe.

Mais c'est cool, je me laisse porter par les conversations, je me sens bien. Je suis juste content d'être là.

La fin du repas se précipite, on réalise que le départ approche et qu'il faut rapidement se préparer.

Chacun s'équipe, revoit son sac, se colle des pansements anti ampoules. Croquette me fait remarquer qu'on a acheté les mêmes chaussettes pour l'occasion, les fameuse "anti-ampoules". Il m'apprend qu'un gilet jaune est requis, une bonne partie de la randonnée se déroulant de nuit, maisil  se ravise aussitôt en me faisant remarquer, sourire en coin, qu'au vu de la couleur de ma veste, le gilet jaune lui semble superflu me concernant.

Swagg disparaît avec sa femme pour une préparation spéciale de ses pieds. Il faut dire que ses pieds s'adaptent à la randonnée à peu près aussi bien qu'un dromadaire au Groenland. J'ai cru comprendre qu'après 10 mn de marche sa voute plantaire reflète plutôt fidèlement le paysage de Verdun en 1917.

Swagg, Croquette et Banzaï s'accordent parfois à dire que je suis une personne assez naïve, aussi je me garderai bien de laisser planer le moindre doute sur le prétexte ainsi avancé des pieds fragiles de Swagg pour justifier leur disparition.

Tout le monde est finalement prêt. La sœur de Swagg et son copain nous emmènent direction la Cathédrale, le point de départ.

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