Bien sûr que j'ai des préjugés.

Bien sûr que j'ai des préjugés sur d'autres nationalités, d'autres peuples.

Quand on parle du racisme en France c'est compliqué… et je suis le premier à avoir des stéréotypes dans la tête.

Ou c'est peut être pas des stéréotypes mais en tout cas c'est des clichés, et le gros problème du cliché c'est que … c'est qu'on s'en sert à volonté dans des schémas de réflexion,... et on se rend pas compte qu'on s'en sert.

Le cliché ce qui est marrant, enfin ce qui est marrant..., le cliché c'est un espèce d'élément tout préfabriqué de notre réflexion, et comme c'est un élément préfabriqué qui arrive spontanément, on le remet pas en cause en fait, il est quasiment… instinctif.

Il nous vient spontanément à l'esprit et c'est là où c'est difficile de déceler, …de Le déceler parce que… parce que c'est déjà difficile de se rendre compte qu'on fait appel à un cliché quand on fait un raisonnement. Et c'est dans ce sens là où je dis que bien sûr que j'ai des préjugés. J'ai des préjugés sur les personnes arabes, j'ai aussi des préjugés… comme j'ai des préjugés sur les personnes qui vivent dans le nord, sur les gens qui habitent dans le sud, comme j'ai des préjugés sur les parisiens, les marseillais.

On a toujours une petite boite à cliché qui est quelque part dans notre tête, et...

et qui malheureusement est souvent foireuse, parce que c'est une boite toute préfabriquée, qui, qui...

Je crois que c'est le genre de truc qui rentre à force de regarder, heu, de regarder des images, d'écouter la radio, de regarder la télé… et de prendre pour argent comptant des superpositions d'images, des superposition d'idées.

A la télé j'ai rarement vu des personnes arabes autrement représentées qu'avec des joggings et une casquette… par exemple.

C'est quand même pas courant j'ai l'impression. Je peux me tromper maintenant, ça fait longtemps que j'ai plus la télé mais je doute que ça ait évolué énormément.

La télé est un espèce de, de..., comment dire, … de boîte qui concentre tout ce genre de cliché, qui superpose des images à la volée, et qui simplifie le message en transmettant des codes, donc des clichés, pour faciliter le passage de l'information. Pour faciliter la transmission de l'information.

Mais le problème c'est qu'à force de simplification, on arrive à des clichés.

Souvent les clichés en fait c'est des raisonnements qui sont tellement simplifiés, qui font appel à tellement de raccourcis, que… qu'ils en oublient en fait la base du raisonnement.

Enfin, souvent, quand on a un raisonnement très très simple, c'est rarement un bon raisonnement. C'est très très dur de simplifier, de vulgariser quelque chose de complexe. Et c'est… et le cliché en fait c'est issu… Je crois que le cliché est issu de ça. Le cliché est issu de cette volonté de simplifier une information pour mieux la transmettre, et le problème est qu'en la simplifiant elle fait des raccourcis qui modifient en fait l'information.

Parce qu'en fait oui c'est ça : l'information n'est plus la même.

Quand on simplifie il y a surement des schémas complexes qu'on ne peut pas simplifier au delà d'un certain point.

C'est à dire que vous avez un schéma complexe, on va dire, si je peux faire une analogie mathématique, on va dire un schéma complexe qui tient en dix points, il y a probablement...

Là je fabule, je sais pas du tout sur quoi je m'engage en disant ça mais,

admettons un schéma complexe en 10 points. Peut être que quand on le simplifie en deçà de 5 points… c'est à dire si on arrive à rationaliser une message de 10 points en 5 points… peut qu'en deçà donc en dessous de ces 5 points on est en train de déformer ce message.

Il y a peut être un peu de ça quand on essaie de simplifier une information.

A partir de quel moment on déforme cette information ? Et à partir de quel moment on la modifie ?

C'est pas toujours… je sais pas si c'est très facile à comprendre ce que j'essai d'exprimer mais tout simplement pour dire que j'ai la certitude qu'on a tous notre boite à clichés dans notre tête et que si on faisait un peu le ménage dans cette boite à clichés, ou qu'on avait ne serait ce que conscience que des fois on fait appel à cette boîte à cliché,

on tiendrait peut être des raisonnements un peu moins cons.

Parce qu'on les remettrait en question.

Et on dirait pas des choses...

On dirait pas des conneries plus gros que nous tout simplement.

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