COUPEZ, ELLE EST BONNE !

J'ai écris à l'époque ce billet sur "livre de faces" une sorte de bestiaire sur internet que j'utilise assez régulièrement.

Je l'ai écris le 18 Juin 2011 à 10h45.

Mu par une envie irrésistible de laisser respirer mon cuir chevelu, je prenais nonchalement rendez-vous dans le salon de coiffure habituel. Oh surprise! La jeune demoiselle qui s'occupe habituellement de mes soins capillaires est en congé...

Qu'à cela ne tienne! Mon tempérament courageux m'incite à me lancer dans les méandres de l'inconnu. Je choisis donc de me faire raccourcir la tonte par une de ses collègues, qui m'a toujours paru fort sympathique au demeurant.

Il est à noter qu'il faut toujours rester méfiant des coiffeurs sympathiques, qui ne sont pas moins capables de vous rater votre coupe de cheveux de façon tout autant sympathique.

Bref.

L'échéance arrive et je me retrouve confortablement assis dans un fauteuil du salon, ma fringuante serviette-cape jetée sur mes épaules me donnant l'apparence d'un Sherlock Holmes dans sa gabardine, la classe en moins.

La jeune demoiselle se décide alors de s'occuper des finitions à la tondeuse. Elle se saisit donc du petit appareil qui se met à un émettre quand elle l'allume un gargarisme proche du râle d'un mourrant.

" Ben, je crois qu'elle va pas faire long feu celle-là " dit-elle avec amusement.

Courageuse elle essaie de s'affairer tant bien que mal à l'aide du maladif instrument. Au bout de quelques minutes de patience infinie elle relève la tête de son oeuvre et me dit:

" Je vais voir si je peux en trouver une autre "

Là dessus, elle disparaît de mon champ de vision, me laissant à mon flegme.

" Ah voilà, j'ai trouvé mon bonheur!

- Et le mien." dis-je dans un demi sourire.

Le temps de le dire et le bruit rutilant du nouvel engin se tait dans un hoquet...

Nous nous regardons, amusés. Elle disparait à nouveau avec la légèreté dont les coiffeuses ont le secret pour revenir à nouveau avec une autre tondeuse qui, après deux minutes de fonctionnement à plein régime nous laissa elle aussi tomber dans un hoquet résigné.

Mais la conscience professionnelle chevillée au coeur, la jeune coiffeuse se décide de reprendre son travail avec la première tondeuse, mourante certes et ne coupant qu'un cheveux sur deux, mais en état de marche (ce qui reviendrait peut être à faire un triathlon un lendemain de cuite avec un transit aussi stable que le cap horn un jour de tempête, me disais-je pour moi-même).

" Je crois qu'il nous faudrait un miracle. me dit-elle en jettant un oeil sur les tondeuses.

- Vous espérez en faire ressuciter une?

- Si seulement!

- Il me semble avoir entendu parler d'un type dans ce genre, un mec capable de faire des trucs incroyables, genre guérir des gens des handicapés... je lui dis en partant dans un délire.

- Ah bon?

- Oui. Oh c'est trop bête j'ai son nom sur le bout de la langue... heu...un mec avec des origines hébraïques, les cheveux mi longs je crois... Mince comment il s'appelle. Ah OUI!! Jésus!

- Ah? dit-elle en me regardant. Ca ne me dis rien.

- Enfin je sais pas si c'est vrai pour les gens qu'il guérit. Ce sont justes des rumeurs, et après il y a toujours des gens pour en faire des tonnes derrière, du style "OULALA le miraaaaacle!"

Je continue sur ma lancée, ayant l'impression qu'elle est entrée dans le jeu.

" Il y a toujours des gens passionnés pour croire en ce genre de truc! Ce type là, Jésus, il devait avoir un sacré charisme parce qu'il y a même une bande de types qui croyaient tellement en lui qu'ils l'ont suivit pour l'aider et pour sensibiliser les gens."

Elle s'arrête de me couper les cheveux, incrédule, me regarde et me dit :

" Vraiment?

- Oui, je lui réponds, ils ont même fondé un mouvement, un groupe super connu!

- Il s'appelle comment?

- Les chrétiens."

Elle se plonge dans ses réflexion en regardant au plafond, puis me regarde à nouveau et me dis en haussant les épaules :

" Non ça ne me dis rien "

Et là, soudainement, je me redresse à moité un sourire rempli de doutes.

" Vous êtes sérieuse là? Vous croyez vraiment ce que je viens de vous dire???"

Elle me regarde alors que je réprime un fou rire. Elle réalise brusquement et éclate de rire.

" Je crois que pour croire des conneries pareilles je suis vraiment fatiguée."

A sa décharge, elle attaquait sa troisième semaine de 44 heures, mais je dois aussi avouer qu'elle etait blonde...

Tout ça pour dire que c'est la première fois que je rigole autant dans un salon de coiffure!

Merci à elle!

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