Apollon

Un autre article écrit auparavant.

16 mai 2013 à 23h12.

Il s'est incrusté gentiment, sans trop s'imposer au début, paraissant plus présent à certains moments, disparaissant quelques temps.
Il a fait ça bien, progressif, sans agressivité, histoire de se fondre dans le décor pour mieux faire partie des meubles.
Et puis au bout d'un moment, il est devenu plus présent, il a commencé à s'imposer, à se faire remarquer.
L'enfoiré.
Il a fait ça bien.
Il était normal, et il s'est mis à faire ses courbettes, puis des courbes, puis une courbe.
Il me l'a bien fait à l'envers ce salaud.
Mon bide.


Aussi j'en étais là dans mes pensées, prêt à accepter que mon corps d'athlète (le pongiste est en effet un athlète, qu'on se le dise) usé par les regards lascifs (laissez moi rêver) des amazones en chasse, quand une résolution s'est affirmée implacablement à mon esprit tel le pare choc du chauffard bourré dans celui du lapin de garenne :
Il fallait que ça cesse, et ça aller cesser.
Il ne serait pas dit que quelques fromages, saucissons, charcuteries et autre ripailles derrière la cravate chassassent mon ventre plat pour y enchâsser leur gras.
Et dans l'élan d'un cri d'hallalis, résonnât dans mon huis " Gras et cholestérol, je vous conchie !"


Il me fallait un plan d'attaque, le combat devait être efficace, implacable. Il allait falloir du courage, il y aurai des pertes, de la sueur, et des larmes. Pas une seconde de répit ne devait être laissée à l'ennemi, pas une once de pitié.
Et dans l'élan d'originalité typique de l'employé de bureau que je suis, je me suis inscris à :
une salle de fitness.


Oui, le terrain serait défavorable à l'homme pudique que je suis, il allait falloir braver moultes péripéties, en commençant par les inscriptions opaques avec leurs clauses restrictives, leurs prix d'appels qui étrangement doublent une fois qu'on doit signer la formule de base, les regards narquois et moqueurs des Narcisses qui quand ils ne sont pas occupés à se regarder gorgés d'autosatisfaction, vous font vous sentir digne comme un étron lorsqu'ils se posent, dédaigneux, sur votre personne.
Il y a aurait aussi Les Familiers, ces créatures qui viennent vous accoster alors que, une fois en tenue d'Adam, vous cherchez désespérément ce PUT*** de gel douche que vous ne retrouvez soudainement plus. Leurs attaques sournoises qui sont de vous tenir la jambe, leur organes se balançant nonchalamment au rythme de leurs bavardages, alors que vous, l'étranger des vestiaires collectifs, vous sentez devenir rouge de gêne quand vous réalisez qu'il vous suit et continue son pépiage sous la douche (collective elle aussi).


Mais il ne serait pas dit que l'homme cure dents au ventre débutant revendicatif que je suis se laisserait intimider !


2ème séance : ils ont installé des douches individuelles. Mouhahaha.


3ème séance : au 4km 700 de mes 5km de rameur, Narcisse qui a voulu faire le chaud en gonflant les muscles à côté de moi jette l'éponge. Hé ouais, l'homme cure dent à un mental d'acier !... tapette !


4ème séance : Alors que fraîchement sorti de la douche, je me débats à poil avec mon sac pour sortir des affaires propres, le contenu d'une des poches décide de voler vers la lumière. Les regards se tournent, attirés par le bruit, pour découvrir une vingtaines de préservatifs qui parsèment le sol, et leur propriétaire, dans un effort théâtral surhumain pour feindre un détachement total, s'en allant les ramasser, le rouge de l'effort masquant le rouge de la honte.
Je crois que j'ai mis les pendules à l'heure.


Après ça, obligé, j'ai un mental indestructible pour affronter les salles de sport.
Gras du bide, tu es fait comme un rat !

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